Stage 2015 : Désert du Negev

En 2015, Vincent est parti dans le désert de Negev (au sud d’Israël) pour s’auto-tester, voici son témoignage.  Une magnifique leçon sur le dépassement de soi et la détermination.

Chaleur, fort vent de face me compliquent le dernier entraînement.

En permanence, je me réhydrate, me réalimente. A savoir toutes les vingt minutes sous l’ombre d’une citerne abandonnée ou d’un haut buisson si j’ai la chance d’en trouver. Le long de la frontière Israélo-Égyptienne je me glisse sous l’ombre d’un panneau rouillé. Ça peut sembler dérisoire mais on sent la différence de chaleur.

 

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Petite aparté de l’entraînement :

En face de moi un hangar, j’ai autour de ma taille un élastique- bande qui m’attache au fauteuil et qui me sert également pour placer mes bouteilles et mes rations de noix, raisins secs, bananes séchées, amandes etc…, des indispensables pour éviter un malaise au milieu de nul part. 

Je ressemble à une bombe à eau humaine ! Rien de bien hostile. Sauf qu’en bas du hangar que je surplombe, y sort un garde civil armé d’un M16 et il se déplace vers moi.Il tient l’arme à deux mains, le doigt au-dessus de la gâchette.

Ok grand ! Maintenant c’est entre toi et moi. Je dégoupille ma première bombe à eau et la vide entièrement sous ses yeux. L’homme n’a pas l’air de comprendre, il reste stoïque au plus près de ce que les grillages puissent le laisser se rapprocher de moi.

Je garde mes munitions pour combattre un ennemi bien plus hostile avec les 38 degrés à l’ombre qui me chauffe le corps.  Je quitte alors mon cher petit coin d’ombre pour les quatre heures d’effort qu’il me reste à conquérir

Mes protections au niveau des mains se décollent à force des innombrables poussés sur les mains courantes du fauteuil.

La fatigue me fait perdre la lucidité qui m’est nécessaire pour éviter les trous, les cailloux, les bosses pouvant me faire chuter à n’importe quel moment.

Au bout de trois heures je suis au plus bas physiquement et moralement.

Je voulais revenir sur mon passé et me dire que c’était que du plus !

Mais la fatigue cumulée sur les deux semaines provoque l’effet inverse de ce que je cherche : je pleure.

En roulant, en buvant, en souffrant.

Qu’est ce qui me pousse à faire ça, dans mon état et à mon âge ? 

Certainement pour dire pardon à mon père, à ma mère, à mes frères, à ma famille,  à mes amis, enfin tous ceux que j’ai pu faire souffrir.

C’est toujours plus simple de parler avec la fatigue.

J’ai trouvé un coin d’ombre, le soleil me brûle le visage.

Je repars, il me reste encore 1h45 à racler dans le fond de mes ressources que je pense pourtant avoir épuisé !

À ce stade il faut arriver à accepter et continuer l’entraînement sans s’en écœurer pour les derniers mois de préparation.

Mon parcourt me fait passer à quelques mètres devant l’hôtel. Il me reste 40 minutes d’effort. Je suis seul avec ma conscience, rien ne m’interdit de rentrer. Mis à part ma détermination.

En fait je m’étais déjà préparé.

Je m’auto teste !

 

 

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